Bilan de février 2020

Ce mois-ci a été principalement dominé par la correction de A la croisée des plumes pour lequel la première relecture a été finalisée.

Romans

A la croisée des plumes: relecture terminée et roman envoyée à trois lecteurs potentiels

Autres/Social

Au niveau bêta-lecture, j’ai lu un début de roman (les dix premières pages) ainsi qu’un roman entier d’urban fantasy et les deux auteurs ont obtenu un avis rédigé de type alpha-lecture.

J’ai fini deux tomes et rédigé des avis dans le cadre du comité de lecture de Plumes de Marmottes. J’ai assisté à mon atelier bi-hebdomaire avec Agnès Marot et on a pu travailler sur les pitchs et comment réfléchir à nos intentions d’auteurs avant de rédiger le roman.

Rencontre avec Samantha Bailly

Grâce à l’association Tremplins de l’imaginaire, j’ai pu assister à une rencontre mi-janvier avec Samantha Bailly en compagnie d’autres auteurs. J’ai pris quelques notes que je vais retranscrire dans cet article. Vous pouvez également regarder ce lien pour voir un autre compte-rendu de la même rencontre. Attention, cet article est très très long donc n’hésitez pas à prendre votre temps pour le lire.

Auteurs : quels sont vos droits ?

Le droit d’auteur

Le rapport Bruno Racine récemment publié a permis de constater que la majorité des contrats d’édition des grands groupes sont illégaux. Cela a permis de remettre à plat ce que signifie un auteur et quels sont les droits des auteurs.
Tout d’abord, qu’est-ce qu’un auteur selon la loi ? En réalité, la loi et les codes légaux ne s’intéressent pas à exprimer ce qu’est un auteur. C’est l’œuvre commerciale publiée qui fait l’auteur. Il s’agit en réalité d’un droit de propriété sur une œuvre et il n’y a pas de démarches particulières à établir.
« L’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. »
Cela implique des droits moraux et des droits patrimoniaux. Les droits moraux signifient que l’auteur seul a la paternité de son œuvre. Il a droit au respect de l’intégrité de cette œuvre. En France, le droit moral est perpétuel, inaliénable et imprescriptible. Cela permet à l’auteur de dire non à des modifications ou de l’enlever du marché par exemple.
Les droits patrimoniaux recouvrent le droit exclusif d’exploiter son œuvre en quelque forme que ce soit et d’en tirer un profit pécuniaire. L’auteur peut donc céder des droits de reproduction et d’adaptation à des tiers. En Europe, au décès de l’auteur, ce droit patrimonial persiste au bénéfice des ayants droit pendant 70 ans. L’œuvre entre ensuite dans le domaine public.
Le contrat d’édition permet de transférer les droits patrimoniaux à une entreprise.
Quand les maisons d’édition sont des ayants droit, si elles réimpriment des œuvres, les droits sont prolongés et réactivés ce qui constitue le summum de l’appropriation des droits. C’est particulièrement un problème pour les BDs qui deviennent des licences et ne tombent plus dans le domaine public.
En ce qui concerne la couverture par exemple, il s’agit d’un sujet à la frontière entre l’œuvre et l’objet commercial et l’éditeur impose souvent les couvertures.
Le droit d’auteur est un privilège qui vient de la Révolution française : il s’agit d’un droit de propriété personnaliste et royaliste qui devait stimuler les créations et récompenser les auteurs.

Le contrat d’édition

Les droits qui peuvent être cédés dans le cadre d’un contrat d’édition sont :
– Droit de reproduction papier
– Droit numérique (qui doit être un contrat différent)
– Droit de traduction
– Droits audiovisuels (cela constitue toujours un contrat séparé)
– Droit de merchandising (pour les ballons et figurines par exemple)
– Droit de représentation
Les droits de représentation ont été activés récemment dans le contexte des lectures publiques où la SELF a essayé d’imposer des frais pour eux pour chaque lecture publique, ce qui n’a pas abouti.
En ce qui concerne les droits de prêts (en bibliothèque, la SGDL s’est battue avec le SNE (Syndicat National de l’Édition) pour obtenir un droit de prêt pour les auteurs et cela a abouti à la formation de la SOFIA, organisation gérée à 50/50 entre éditeurs et auteurs. Actuellement, la SOFIA est entièrement aux crochets des éditeurs. Elle gère le nombre de livres achetés par les médiathèques. Elle date de 2000 mais les auteurs touchent les droits depuis 2014. Les auteurs doivent s’inscrire et envoyer un dossier. La société a changé de statut cette année pour que les éditeurs puissent avoir la gouvernance de la SOFIA.
Selon Samantha Bailly, lors d’un contrat d’édition, il faut céder uniquement les droits français de l’ordre de 20 % en numérique et 15-20 % en papier. Il faut un minimum d’à-valoir. Il faut céder les droits sur une durée contractuelle et non à vie. Si on signe avec une petite maison d’édition, il vaut mieux céder avec un bon pourcentage et raisonner par rapport à l’entreprise en face de soi.
Il est possible de rompre un contrat d’édition en cas de défaut d’exploitation permanente et suivie mais cela est compliqué à prouver, notamment avec l’impression à la demande donc il ne faut pas compter sur cette possibilité.
Dans le droit européen, il est possible de renégocier un contrat en cas de rémunération non équitable. La traduction française actuelle est « en cas de rémunération très défavorable », ce qui n’est pas équivalent et les auteurs français essaient de faire modifier cette traduction actuelle. Dans les faits, la possibilité de renégocier un contrat d’édition en France à l’heure actuelle est quasiment impossible.
La durée de cession souvent utilisée est de 70 ans après la mort de l’auteur. Il faut absolument négocier une durée limitée (5 ou 10 ans) ou se créer des portes de sortie le cas échéant pour pouvoir reprendre ses droits si les ventes ne sont pas au rendez-vous.
Les obligations de l’éditeur impliquent : une obligation d’exploitation permanente et suivie (possible de l’imprimer ce qui, avec l’impression à la demande, n’est plus si contraignant), une reddition de compte annuelle (au moins une fois par an avec une date prévue au contrat ou six mois après l’arrêt des comptes maximum si aucune date n’est mentionnée).
Avec le système des retours en librairie, les éditeurs ne savent pas combien de livres ils doivent rembourser ce qui explique la difficulté de déterminer précisément le chiffre d’affaires. Cependant, le problème de la reddition est que l’auteur n’a aucun moyen de vérifier légalement les chiffres donnés avec aucun tiers de confiance pour vérifier les ventes. Ainsi, de nombreuses sommes importantes peuvent être cédées dans le dos de l’auteur (notamment dans le contexte des traductions par exemple). De plus, la majorité des éditeurs se trompent sur les redditions. D’après une infographie du SDL, 60 % des auteurs doivent réclamer leurs relevés de compte, 52 % n’ont jamais reçu leurs droits à l’étranger, 24 % n’étaient pas au courant d’une traduction prévue de leur œuvre, et 25 % n’étaient pas informés d’une mise au pilon totale de leurs ouvrages.

La rémunération

La rémunération des auteurs s’effectue par plusieurs canaux : les à-valoir et les pourcentages.
L’à-valoir est une avance sur droit concédée par l’éditeur dans certains cas. Cependant, aucun texte légal ne mentionne cette pratique et il n’y a donc aucun encadrement juridique. Les droits d’auteurs sont une rémunération proportionnelle sur les ventes. Aux États-Unis, pays qui rémunère de manière plus importante les auteurs en à-valoir, le montant de ces à-valoir a chuté de 42 % dans les dernières années. Il est important de souligner que le travail créatif n’est jamais rémunéré à aucun moment.
Comment calculer un à-valoir ? Il est important de pouvoir estimer un montant d’à-valoir pour pouvoir le demander à un éditeur lors de la signature du contrat. Il est possible de demander le tirage et de multiplier par la moitié du prix du livre. Il est également important de faire la différence entre une commande de l’éditeur et une proposition de l’auteur. Dans tous les cas, l’auteur doit se demander à quel prix il est capable d’accepter de céder son travail. La grandeur d’une maison d’édition n’est pas forcément équivalente avec les garanties qu’on peut obtenir. En effet, d’après Samantha Bailly, les petites maisons d’édition avec qui elle a travaillé ont pu rémunérer ses déplacements en salons, les restaurants, les à-valoir de mille euros alors que les grandes ne font pas toujours autant d’efforts.
Dans tous les cas, il est primordial de se réserver des portes de sortie notamment avec la durée déterminée du contrat ainsi que les clauses de récupérations des droits (minimum d’exemplaires vendus par exemple). Il faut toujours demander le contrat d’édition sous forme écrite avant de signer et se réserver le temps de le lire et de le comprendre. La SGDL peut donner un conseil mais leur vision du droit des auteurs est peu fiable et la société est financée à 50 % par les éditeurs. La Charte permet également un accompagnement juridique gratuit mais uniquement pour les auteurs jeunesse publiés (avec un tirage à 500 exemplaires minimum).

Bilan de janvier 2020

Romans

Romance en Bulgarie: ce roman avance avec des petits pas, une scène de rupture se rajoute avec 348 mots

A la croisée des plumes: correction de 5 chapitres, on arrive presque à la moitié du roman (j’en suis au chapitre 19 sur 42)

Multimédia

Ce mois a été un mois conséquent pour ma partie multimédia car j’ai décidé de me consacrer à l’apprentissage du logiciel Unity, dans le but de créer des jeux vidéos et de participer à la Global Game Jam 2020. Un objectif réussi puisque j’ai complété les tutoriels Getting started with Unity et Create with code en 38 heures ce qui m’a pris deux semaines en entier. Ceci s’est concrétisé par un jeu que j’ai réalisé en tant que développeuse et qui est visible sur la page ici et que je mettrais dans la section Multimédia prochainement.

Autres/Social

J’ai envoyé une critique de manuscrit pour le comité de lecture de Plumes de Marmotte et j’ai reçu deux nouveaux manuscrits à critiquer.

J’ai pu assister à deux ateliers d’écriture avec Agnès Marot, un premier sur le style qui m’a permis d’avancer sur Romance en Bulgarie et un deuxième sur comment faire une bonne fin où j’ai pu écrire des petites histoires sur des thèmes improvisés sympathiques (1268 mots).

L’association Tremplins de l’imaginaire m’a permis d’assister à une rencontre assez enrichissante avec Samantha Bailly, une autrice réputée qui nous a préparé une conférence sur les droits des auteurs, j’ai déjà pris plein de notes et je ferais un article prochainement.

Bilan de décembre 2019

Romans

La vengeance du poulpe: j’ai envoyé ce roman à un premier lecteur au début du mois et j’attends patiemment son retour pour corriger ce roman.

Romance en Bulgarie: ce roman a récolté deux scènes en plus pendant le mois et 661 mots supplémentaires

Autres/Social

J’ai commencé à apprendre RenPy dans le but de pouvoir réaliser des visual novels et dans l’idée d’adapter une fiction interactive sur Twine en visual novel. J’ai fini un premier tutoriel ce mois-ci. Ceci m’a permis de continuer et d’améliorer un début d’histoire sur Twine que j’espère finir avant de l’adapter sur RenPy. J’ai assisté à un troisième atelier par Agnès Marot ce qui m’a permis d’avancer encore sur la Romance en Bulgarie tout en discutant sur les techniques de descriptions. J’ai fini la synthèse globale pour ma première alpha lecture sur un roman ce qui signifie que j’ai entièrement lu et critiqué le roman d’une collègue écrivaine en espérant que cela lui permettra d’améliorer ce roman.

En ce qui concerne les soumissions, j’ai reçu un refus pour la pièce radiophonique que j’avais envoyé, j’en ai donc profité pour la diffuser sur Soundcloud et le lien est à trouver dans la page Multimédia de mon site.

J’ai relu et envoyé une fiche de lecture pour un manuscrit pour le comité de lecture de Plumes de Marmotte.

Bilan de novembre 2019

Romans

Romance en Bulgarie (1er jet):  5954 mots écrit ce mois-ci ce qui nous ramène à 17% du roman

Autres/Social

En ce qui concerne le comité de lecture Plumes de Marmotte, j’ai fini de lire et de faire des fiches de lecture sur deux manuscrits de romance.

Au niveau de l’alpha lecture d’une collègue autrice, j’ai fini de lire et de commenter les différentes parties du roman. Je lui ai envoyé une synthèse détaillée, il ne me manque plus qu’à envoyer la vision globale.

J’ai également commencé à apprendre PyGames dans l’idée de construire des jeux vidéos narratifs. Après quelques tentatives, j’ai réalisé un petit jeu vidéo qui permet de taper des singes avec le clavier pour gagner. Ce n’est qu’un début évidemment.

Au niveau social, j’ai participé au deuxième atelier d’Agnès Marot sur la structure en 3 actes, ce qui a énormément boosté l’écriture de ma romance en Bulgarie. Je suis allée au salon du livre jeunesse de Montreuil qui m’a permis de revoir quelques camarades écrivains (Paul Beorn, Cerise, Aylin, Laura P., Lilie, Nadia Coste et plein d’autres gens) et je suis super heureuse d’avoir pu me procurer en avant première dans le salon le nouveau roman de Betty Piccioli, Panique à Gémélia.

Ce mois-ci a principalement été consacré à poursuivre la romance en Bulgarie tranquillement.

The complete guide to self control de Scott Young

Avant de prendre peur devant le titre (anglais en plus !) de ce livre que je compte résumer, voici les raisons pour laquelle il a une certaine place dans un blog écriture. En général, malgré tout l’amour qu’on peut porter à cette activité, elle passe souvent après les activités sociales, le travail et plein d’autres choses. Comment introduire une habitude de travail, puisque l’écriture est un travail, malgré les contraintes inévitables de la vie quotidienne ? J’ai trouvé que, dans ce contexte, l’auteur du livre proposait des pistes intéressantes. L’idée est donc de trouver des stratégies pour maintenir des habitudes de vie et par exemple pour écrire et corriger plus régulièrement.

Quelles sont les stratégies qui ne fonctionnent pas ?

  • Ne pas essayer de supprimer ses pensées par exemple en se disant : « ne pense pas à toutes les autres choses que tu pourrais faire au lieu d’écrire »
  • Résister à la tentation : « surtout ne pas regarder cette série super chouette sur ma table car j’ai prévu une heure d’écriture dans ma routine ce soir »
  • Avoir une meilleure maîtrise de soi : « si je savais me contrôler, j’aurais fini ma correction depuis des mois »

Comment se motiver à une tâche difficile mais gagnante sur le long terme ?

  • La motivation doit être principalement intrinsèque : rappelez-vous pourquoi vous écrivez ? Est-ce du plaisir ? Est-ce quelque chose qui vous motive ou que les autres vous imposent ? Une tâche contrainte par les autres sera toujours un effort plus conséquent qu’une tâche qu’on s’impose.
  • Il faut allier la tâche d’écriture avec autre chose qui nous fait plaisir : écrire en buvant du chocolat ou une boisson chaude, dans un café avec un dessert à la fin de la séance par exemple.
  • Parlez-en autour de vous pour que tout le monde vous demande le résultat de la nouvelle séance d’écriture. Ce serait dommage de ne pas l’avoir fait. Et de manière générale, engagez-vous publiquement auprès de vos proches.

De manière générale, si vous avez publié des textes ou si vous écrivez simplement dans votre temps libre, vous êtes écrivain donc commencez dès maintenant à vous considérer comme telle et cela aidera énormément vos séances d’écriture futures. Bien sûr, évitez les distractions à l’endroit où vous voulez écrire comme le DVD d’une nouvelle série ou les futurs livres que vous planifiez de lire.

L’ebook de Scott Young est gratuit et disponible en anglais par exemple sur le site de l’auteur. N’hésitez à y jeter un coup d’œil.

 

Bilan mensuel de octobre 2019

Romans

La vengeance du poulpe (en cours de correction): j’ai envoyé le premier jet à une lectrice intéressée

A la croisée des plumes (en cours de correction): j’ai corrigé les pages 12-13 et j’ai écrit un début de synopsis

Romance en Bulgarie (1er jet): avec toutes ces corrections et en attendant le Nanowrimo le mois prochain, je me suis autorisée à commencer un nouveau projet que j’avais en tête depuis un an. Le titre est provisoire, comme souvent et j’ai pu écrire 1500 mots ce mois-ci.

Nouvelles/Textes courts

Huis clos: cette pièce radiophonique espionnage/humour s’intitule à présent La mission secrète des Molto Molto Buono et le troisième épisode est enregistré. Il a été envoyé le 14/10 pour le concours du festival Longueur d’ondes. On croise les doigts.

Autres/Social

J’ai donc été accepté au comité de lecture Plumes de Marmotte et j’en suis déjà à 2 fiches de lectures envoyées pour deux manuscrits de romance. Les choses se mettent en place et c’est agréable de réaliser ce que reçoivent vraiment les maisons d’édition pour les manuscrits. En espérant que cela me motive pour mes propres corrections…

Je disais que j’avais accepté l’alpha lecture pour une collègue écrivaine pour une romance SF et j’en suis déjà à 51% du manuscrit lu et annoté.

Au niveau purement social, l’association Tremplin de l’imaginaire a organisé comme chaque année une convention d’écriture, un week-end entier à passer du temps avec d’autres écrivains et à partager ces expériences. Le cadre du château de Baugé était magnifique et j’ai adoré les différents moments: escape game réalisé avec brio, différents cours sur le contrat d’édition, comment gérer la sortie d’un nouveau livre et plein d’autres moments sympas. J’ai encore participé à un nouvel atelier d’écriture, cette fois-ci organisé par Agnès Marot (si vous voulez venir également, n’hésitez pas sur ce lien). Le tarif est élevé mais l’autrice qui l’organise est de bons conseils et possède une longue expérience dans l’édition. Elle est très gentille en plus.

En résumé, peu d’écriture, peu de corrections mais beaucoup d’activités sociales pour agrandir mon entourage d’écriture. Le mois prochain sera le mois du Nanowrimo, cela va donc être l’occasion d’écrire sur cette nouvelle romance en Bulgarie qui me titille.

Rencontre avec deux éditrices de Rageot

Grâce à l’association Tremplins de l’imaginaire à laquelle je suis adhérente, j’ai eu la chance d’assister à une rencontre avec deux éditrices de la maison d’édition jeunesse Rageot. Les conseils qui vont suivre sont donc spécifiques à cette maison d’édition mais peuvent être élargis pour certains à la plupart d’autres moyennes/grandes maisons.

Tout d’abord, on a eu le droit à une petite présentation de leur maison: il s’agit d’une structure créée après la seconde guerre mondiale dont le cœur cible est le public 8-12 ans. La part d’auteurs français est de 80-90% et ils ont d’abord été connus grâce à des auteurs comme Evelyn Brisou-Pellen. Le tournant est arrivé lorsque Pierre Bottero les a contacté et leur a envoyé la quête d’Ewilan alors que cette maison ne produisait aucune œuvre issue des littératures de l’imaginaire. Ils ont ouvert une collection exprès pour publier Pierre Bottero qui a alors connu le succès. Vers 2010, ils cherchent à nouveau des titres de littérature de l’imaginaire après la mort de leur auteur phare, Pierre Bottero. Ils ont pu trouver de nouveaux auteurs: Samantha Bailly, Camille Brissot, Charlotte Bousquet. Depuis 2019, ils veulent à nouveau relancer leur catalogue de l’imaginaire ce qu’ils font avec le dyptique Terre de Brume écrit par Cindy van Wilder. Ils se rendent compte avec les libraires que les livres de l’imaginaire chez eux ont une certaine crédibilité.

En ce qui concerne les tranches d’âge, leur socle historique est le public 8-12 ans où ils publient tout type de récits dans différents genres. Pour la catégorie Adolescents, ils ne vont pas hésiter à aller vers des thèmes plus durs et vers des genres qui relèvent surtout de l’imaginaire ou du thriller. L’âge des héros compte pour eux puisqu’il est important que la catégorie cible puisse s’identifier. Les âges doivent rester entre 16-20 ans. Ils peuvent donc refuser des héros plus âgés non pas à cause de l’âge mais des préoccupations quotidiennes du protagoniste. S’il est occupé à gagner de l’argent et à travailler, cela ne reflète pas la catégorie Young Adult (YA). Par contre, si l’âge est de 20-30 ans avec des préoccupations YA, ils ne vont pas hésiter à demander à l’auteur de rajeunir le héros pour publier le livre. En ce qui concerne les sujets abordés, rien ne doit être tabou, il est possible d’aborder la violence/le viol/le sexe mais attention à la violence gratuite qui est inacceptable pour eux. Dans le cas contraire, si les thèmes ne sont pas abordés avec un langage cru, ils peuvent être présents sans se restreindre. Les éditrices sont conscientes de l’importance de montrer aux enfants et adolescents le monde tel qu’il est. La fin d’un livre jeunesse doit contenir de l’espoir, une certaine rédemption et ne pas laisser un univers trop sombre. De plus, les enfants/adolescents détestent en général les fins ouvertes.

Par la suite, les éditrices ont abordé des questions plus techniques concernant leur manière de procéder et leurs exigences. Elles nous ont rappelé que, contrairement à d’autres maisons d’édition, elles avaient un comité de lecture en interne, tous salariés, et ils étaient une quinzaine en tout ce qui expliquaient les délais pour recevoir une réponse de leur part après envoi d’un manuscrit. Pour la longueur du texte, les critères sont assez précis :
– 8-12 ans: 150-200 ksec (ksec = mille signes espaces comprises)
– Adolescents: 300-600 ksec

Les séries sont rarement les bienvenues surtout pour les auteurs débutants qu’elles ont appelé les « primo-auteurs » tout au long de la présentation. Éditer une série représente un engagement financier sérieux qu’elles ne sont pas prêtes à risquer pour un nouvel auteur. Elle rappelle également qu’il ne faut jamais présenter un livre d’un million de signes si on est nouveau dans le milieu éditorial en raison des corrections éditoriales qui peuvent leur prendre un temps considérable.

Leur processus éditorial est assez classique: lecture du début du texte qui suffit en général à renvoyer un mail de refus à l’auteur pour la plupart des manuscrits. La maison d’éditions ne retient que très peu de textes de nouveaux auteurs (aucun publié cette année par exemple). Il ne faut surtout pas envoyer en pdf chez eux, ils privilégient les envois en Word (.doc) et il faut intituler le document avec le titre du manuscrit et le nom de l’auteur. Ce sont des réflexions pratiques qui peuvent leur simplifier énormément la vie. Si le manuscrit est jugé intéressant, il passe en comité de lecture et il est lu par la majorité des gens du comité. Il est important d’envoyer le manuscrit entier terminé et non pas seulement le synopsis ou le tiers du manuscrit. Cependant, une des éditrices a pointé que, même si c’était pas nécessaire, elle appréciait énormément les gens qui envoyaient leur manuscrit avec un synopsis en pièce jointe en plus.

En ce qui concerne le déroulement du processus éditorial, les éditrices refusent généralement de signer le contrat avant d’avoir déjà reçu une deuxième (ou même une troisième) version du manuscrit corrigé suite à leurs commentaires. Elles le justifient par leur prise de risque financier mais il est important de rappeler, que tant que le contrat n’est pas signé, elles peuvent refuser de publier le roman même si l’auteur a passé un temps conséquent à travailler avec elles et à corriger le roman selon leurs souhaits éditoriaux. Il s’agit de leur procédure habituelle pour les nouveaux auteurs. De plus, elles déplorent le manque de professionnalisation en France par rapport à Outre-Manche. Cela leur permet cependant de s’assurer de leur coup. Seraient-elles aussi déçues si tous les auteurs même débutants imposaient leur conditions de travail et de salaires dès le début comme ce qui se fait Outre-Manche avec le système d’agents? Il est permis de douter mais en tout cas, les éditrices ont assuré que leur travail était de détecter des talents nouveaux et qu’elles le prenaient très au sérieux.

Finalement, lorsqu’un auteur est bien installé chez eux, elles n’hésitent pas à lui proposer des idées de scénario ou de pistes de roman qu’elles aimeraient explorer mais sans obligations. Elles sont particulièrement sensibles aux auteurs qui prennent le soin de décortiquer le processus, par exemple en lisant l’Anatomie du scénario de Truby.

J’espère que cette rencontre permettra aux auteurs de mieux comprendre les exigences du monde éditorial, c’est toujours extrêmement enrichissant de comprendre les différents points de vue.

Bilan mensuel de septembre 2019

Romans

La vengeance du poulpe (en cours de correction): je me suis enfin mise à la correction du prologue et j’ai une v2 bien meilleure pour le moment (3% du roman corrigé)

Nouvelles/Textes courts

Huis clos : j’ai adapté ce texte de pièce de théâtre d’espionnage humoristique en pièce radiophonique en 3 épisodes de longueurs plus ou moins égale. L’épisode 1 fait 1073 mots/6367 sec, l’épisode 2 contient 1495 mots/8840 sec et l’épisode 3 contient 1284 mots/7582 sec. Il s’agit d’une nouvelle expérience pour moi en termes de textes humoristiques et en termes d’expérience radiophonique. Les deux premiers épisodes ont été enregistrés au cours de ce mois-ci et ils seront bientôt prêts à être envoyés au concours radiophonique du festival Longueurs d’onde.

Texte d’atelier d’écriture (1591 mots/8943 sec): une nouvelle MM romantique qui m’est venue lors du premier atelier d’Aude Réco. A voir si je l’améliore ou si je l’abandonne.

Autres/Social

Tout d’abord, j’ai postulé pour le comité de lecture de Plumes de Marmottes, j’ai donc enfin des responsabilités au niveau éditorial puisque je suis chargée de sélectionner les manuscrits YA et romance de cette maison d’édition. J’ai hâte de voir où cette aventure va me mener. J’ai également accepté de prendre en charge la critique entière d’un roman (qu’on appelle une alpha dans le jargon) pour aider l’autrice à remanier son œuvre et à l’améliorer.

Au niveau des acquisitions livresques, j’ai acheté Écrire un scénario interactif de chez Dunod et Comment bien raconter des histoires de Dorian Lake. Je ne manquerais pas de faire une critique de ces livres une fois la lecture achevée.

En ce qui concerne le social, il a été très chargé au niveau écriture. J’ai commencé un atelier bio-fictions de Rémanence, une structure qui propose des ateliers d’écriture dans Paris et que je conseille à tous les débutants pour l’ambiance très agréable et bon enfant. J’ai ensuite eu la chance grâce à l’association Cocyclics à laquelle je suis adhérente de participer à la rencontre avec deux éditrices de Rageot, une maison d’édition jeunesse. Cette discussion a été très enrichissante et j’ai déjà commencé à préparer un post là dessus. Finalement, j’ai assisté au premier atelier d’écriture d’Aude Réco, une jeune autrice talentueuse que je conseille.

Bilan de l’été 2019

Si l’été cette année a plutôt été synonyme de repos pour la majeure partie du temps, cela m’a permis de développer de nouvelles idées.

Romans

Le processus maudit : j’ai fini un premier jet de Huis clos, une pièce de théâtre d’espionnage humoristique. Entre temps, le projet s’est transformé en une pièce radiophonique en 3 épisodes et il est en cours de réflexion. J’ai également fini un Carnet de la honte en salle blanche, un recueil d’anecdotes sur mon travail de thèse. J’ai également commencé une fiction interactive sur Comment finir sa thèse.

Nouvelles

Un soir à la bibliothèque : j’ai pu recevoir quelques critiques sur cette nouvelle fantastique/horreur écrite en  2014. Il reste encore beaucoup d’améliorations et elle est en cours de correction.

Autres/Publication

L’anthologie sur le 7e tournoi des nouvellistes a enfin été publiée avec ma nouvelle Le dernier amour d’Athéna dans la liste des retenus et voici le lien ebook pour l’obtenir gratuitement. Si vous voulez avoir un livre papier, il est disponible sur cette plateforme.

J’ai réalisé un album photo sur mes travaux de thèse intitulé De l’autre côté des coulisses qui va s’intégrer à mon roman Le processus maudit, suite de La vengeance du poulpe.

Cet été a déclenché de nombreuses idées suite à la fin de ma thèse et comme il est possible de le constater, la page n’est pas encore tournée puisque les idées créatives à ce sujet fusent dans ma tête.